25.09.2007

DeLeTE

Pour exister, je ne veux que toi

22.06.2007

VOyeUR

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oh !

17.06.2007

Je CHAnTe

De sang froid, il commit un homicide dont il fut coupable et victime, pour rechercher ce cœur qu’il ne sentait plus battre. L’autopsie confirma qu’il était bien arrêté. Les différents morceaux du corps soigneusement démembré furent le soir même jetés par lui du haut du pont de pierre, dans l’eau noire du grand fleuve où ils disparurent aussitôt. Les poissons vinrent un temps. Bientôt, les os débarrassés de toute matière nourricière formèrent au fond de l'eau une curieuse tache claire qui parmi les reflets scintillants des éclairages municipaux paraissait la nuit aux yeux des passants être un reflet de lune. Puis, le courant les dispersa. Lui courait durant ce temps les cercles de jeux bourgeois et les tripots de la ville basse, lieux de vérité où ingénus et barons négocient à chaque instant le cours de l’espoir.

28.05.2007

LeS TrOIs QUeUEs

 

Paulette est vraiment psychologue, une profession qu’elle exerce dans ma rue. Le jardin de curé qui borde sa petite villa aux airs de bourgeoisie landaise est orné d’écorces multicolores et d’une fontaine glougloutante. Paulette est feng shui. Elle aime les gens : ils la consolent des animaux de compagnie. Son chat bien nourri profitait. Pour prévenir l’athérosclérose, on le mit sur consultation vétérinaire au régime maigre. Pacha croyant d’abord à une mauvaise blague fut vite convaincu que son ordinaire serait dorénavant ramené à trois poignées quotidiennes de croquettes biologiques et quelques mystérieuses gouttes de perlinpinpin versées dans l’eau claire de son bol. L’ingrat sautant le mur alla se faire bichonner l’œsophage par une voisine. Pour s’éviter les déplacements, il finit par dormir dans son lit.

 

Paulette s’en moque. Elle cuisine comme une princesse amoureuse et je suis bien content que le chat seul ait un temps fait les frais de sa vigilance diététique. Sa blanquette de veau, recette familiale où bouillon, oeuf  et crème sont fouettés d’un poignet leste, entretient la petite bonté de mes hanches. Sans doute pour qu’elle y pose ses mains sans embarras et m’attire plus commodément contre elle ; c’est que je ne suis pas un garçon facile. « Grand mère » dit-elle « parlait souvent de la loi d’harmonie du couple, la règle des trois queues vers lesquelles tendait alors l’apprentissage des jeunes filles : queue de casserole, queue de redingote … Ensuite, Grand-mère riait ». Et Paulette pareillement, d’un rire ensoleillé qui fait chaud partout. Elle tient ça aussi de sa grand-mère.

 

20.03.2007

CHaSSe ou cuEiLLeTTe

Ciel bleu et grand vent froid, tout le jardin balance. Un chat s'enfuit qui grattait mon carré de pavots espérés, et le caillou que je lance n'a touché que le grillage, loin de la haie de lauriers par dessus laquelle il s’échappe. Rituel de chaque matin. Je le devine ne venant ici que par jeu, m'offrir des postures de chasseur indigène. Frémissant, il se rêve tigre royal repu de sang frais qui disparaît d'un bond puissant dans le sifflement inquiétant de sagaies aux pointes enduites de curare.

Le scénario prend fin au carillonnement d’une clochette dans le jardin voisin, liturgie rituelle annonçant l’ouverture du sachet de croquettes.

 

04.11.2006

L'aManTe du GaRDe-cHaSse

Après avoir vu le film de Pascale FERRAN, je relis Lady Chatterley. Il est troublant de se voir offert un regard différent porté sur un texte qui parle du conflit des états fondamentaux, désir et contrainte de la règle sociale, en imaginant que cette vision puisse constituer un passage vers une clairvoyance féminine tenue secrète.

31.08.2006

AscèTe

(Pour V. qui s'inquiète de mon retour de vacances)
 
 
Mon premier est un ascète
Mon deuxième est un ascète
Mon troisième est un ascète
Mon quatrième est un ascète
Mon cinquième est un ascète
 
Mon tout constituait chez les Grecs un exercice corporel que les athlètes s'imposaient pour développer leur vigueur (et certains en manquaient terriblement).

 

P.S :

Le drap de Mazamet était une étoffe de laine grossièrement tissée qui grattait affreusement la peau. La chemise tirée de cette toile constituait pour les pénitents un redoutable succédané au silice. L’expression « pois chiches et drap de Mazamet » entendue de la seule bouche de mon grand-père natif d'Albi, signifierait pour ce que j'ai cru en comprendre « entrer en période de disette ».

30.06.2006

CaRessER c'esT pêCHer

(Pour V. qui s'inquiète de mes vacances).

 

Je travaillerai encore trois semaines avant d’aller caresser le ventre de mes truites. Leur braconnage me fût enseigné petit par un gendarme qui s’ennuyait. Pour suivre ces leçons, je passais alors des journées avec mon frère, à courir nu aux fonds des étroites vallées de la cévenne la tête enrubannée d’un assourdissement de mouches. Elles nous préféraient bien aux troupeaux de chèvres que l'on voyait, de derrière les faillards, brouter les bruyères. Il est vrai que nous ne nous lavions pas bien souvent, les cheveux tout au moins. Le but de ces courses au milieu d’un barthas de fougères qui nous dépassaient était de déchiffrer sur le fond sombre des ruisseaux le dos noir des truites immobiles dans le courant. Après les avoir observées à satiété, après avoir identifié les fragiles frayères et les caches propices, nous rejoignions le poisson aux yeux de chat dans le silence des eaux glacées. Saisi de froid des les pieds introduits, je n’attendais pas d’être immergé à la taille pour lâcher dans le courant les longues rasades de pisse mousseuse nécessaires à rétablir l’équilibre thermique de mon corps blanc frigorifié. Une fois l'eau aux épaules, l’approche nécessite de saisir un bloc de pierre entre les cuisses pour rester sans mouvement au fond de l’eau, le ventre allongé sur les galets sableux. Les mains seront très lentement avancées dans les caves profondes où l’on craint de découvrir un serpent ou un rat. La rencontre de la truite, magique et inattendue se noue au bout des doigts par un effleurement doux comme un ventre de fille. Si l’approche a été furtive, la bête accepte le frôlement et se laisse doucement caresser. Les mains tendres et aimantes découvrent lentement la queue, les nageoires, les flancs si doux et la bouche cornée du poisson qui doucement gratté de deux doigts sous le ventre avance lentement vers la caresse. Quand elle est de petite taille, la maille et cinq, une main suffit pour en envelopper la queue, l’autre recouvre la tête. Paumes sur le dos de la bête, pouces et doigts entourent et frottent doucement les flancs. La truite toute endormie de plaisir est lentement sortie de l’eau, sans un soubresaut. Tenue ainsi immobile, son œil jaune me regarde pendant quelques instants. Puis, prenant conscience de l’absurdité de sa position, elle s’échappe dans un battement de queue.

 Deux seules seront prélevées, et une pour grand-père, pour être cuites rosées à l’arête, nues et frottées de sel dans un grand fond de beurre bouillonnant. La truite juste pêchée se tord quand on la pose au fond de la poêle chaude. Il faudra la retourner vivement pour que son flanc redressé tacheté de rouge et vert accepte la cuisson de la tôle. Un peu d’ail en toute fin, comme une extrême onction. La chair est fine avec le goût des sous-bois. La tête de la bête fond dans la bouche que l’on a doucement serrée pour aspirer les sucs, ne laissant subsister que le fin cartilage transparent des mâchoires. A manger en buvant un blanc léger dépourvu d'amertume. L’assiette sera saucée avec du gros pain planté sur la fourchette.

Là haut, les ruisseaux meurent, victimes des primes européennes. Les paysans drainent et charruent les friches humides qui alimentaient les sources. Cinq cent euros par hectare de pré fané c’est une aubaine chez ces pays de misère. Et la fin des pêches heureuses.

LE JaRDiNieR phILOsOpHe

"Dans la vieillesse ou l’amour déçu" disait-il, "l’orgueilleux pleure ce qu’il croyait retenir. Mieux qu'amertumes vaut délectation de vivre"

Une femme germa un matin dans sa tête. Il réfléchit un long moment, et décida qu'il serait sage d'en faire un bonzaï.

 

Les Consciences du Défi - Peter Luis Sullivan-Neuville

16.06.2006

Le GRanD soMMeiL

Avant de sortir de la maison familiale, après avoir dit au revoir à tous ces cousins que je n’avais pas vu pour certains depuis plusieurs années, je cherche maman pour l’embrasser. Comme chaque fois, elle assise dans son fauteuil, un baiser rapide, au revoir mon garçon. Mais aujourd’hui, je ne la trouverai pas. On l’a enterrée ce matin.

 

05.06.2006

DeMaIN

Une journée tranquille, mise à profit pour t’écrire, sous un ciel bleu suspendu aux cannes des nouveaux bambous, dans le calme industrieux du jardin où chaque espèce chemine lentement vers son dénouement nécessaire. J’aime penser que ce remue-ménage animal ou végétal n’est pas seulement mis en branle par une visée reproductive, mais que le principe de plaisir y est essentiel. Les plantes cherchent l’ivresse du chaud soleil, la fraîcheur de l’eau qui les nourrit, et c’est la quête de ces satisfactions vitales qui les transformera en fleurs séduisantes et fruits nourrissants. Ainsi le temps avance, vers ce jour où je te verrai.

14.05.2006

CeT éTé, la GRèce pErdRa quelQuEs fEmmEs

 

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J'aime votre Pirée, le glougloutement de ses pigeonnes.

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Les Athéniennes privées de mythologie se consolent avec leurs bains.

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06.05.2006

ScAlaiRe

On appelle produit scalaire des vecteurs et le nombre réel noté défini par :

Dans un repère orthonormal, si a pour coordonnées (x; y) et a pour coordonnées (x'; y'),
alors le produit scalaire des vecteurs et sera donné par :



21.04.2006

DeVoirs de VAcanCes

Chère V.,


Vous voila partie sur l'île de Ré à la recherche de curiosités. Trop tard, les antiquaires du Nord ont déjà tout raflé.
A Roubaix, les chineuses qui aiment bien prendre la pause s’arrachent les petits poêles de l’île de Ré. Motifs recherchés : pentes douces et filets.

Vous et vos amies ne trouverez donc pas facilement sur l'île ces belles chines que vous aimez tant pour dégourdir vos jolies pattes. En d'autres mots, si t'aimes chiner, tant pis. Souhaitons que vous sachiez cependant rendre votre séjour agréable.

Et pour le retour, n'oubliez-pas, vous gardez le choix dans la date.

Votre Dévoué,

 

V.


18.04.2006

PouR TOi moN anGe du PscHitt oraNGe, ou Du plaisir de roter en groupe comme introduction à l’art conceptuel

Le terrien en friche que je suis qui voyait pour la première fois un Soulages il y a quelques semaines en est aujourd’hui toujours stupéfait d’émotion. Le nom de l’artiste m’avait marqué pour avoir joué en minime avec un homonyme natif des Hauts-Cantons. Laurent Soulage, Lolo dit Coup de Boule. Il avait un dimanche sauté du train ralenti au pied du Causse pour piller à la volée un potager de garde-barrière. Soucieux de prendre une part active à la gloire de ce forfait admirable et définitif, nous avions croqué jusqu’à l'arrivée en gare de Millau ces carottes terreuses, en agrémentant le festin d’un concert grégorien d’hyperboliques rots au Pschitt citron.

05.04.2006

MieuX se cOnnaîTRe

Me voilà seul. L’agitation sociale interdit que je puisse ce soir dormir avec Eva dont le minuscule studio blanc aux murs couverts de livres est à cette heure envahi par une horde barbare. J’imagine le plancher de chêne doré, méticuleusement ajusté, espace libre sur lequel j’aime cueillir du bout de l’orteil une nuisette en soie sauvage - hop sur la tête – abandonnée à côté de la théière, ce bois délicat ce soir jonché de canettes renversées et de cendriers puants.

Bazar de conflit va, ou droite gauche et milieu ne pensent qu’à préparer les élections prochaines. Un baldaquin pour le Borgne, oui. Et la base qui palabre, colloque concerte et motionne à tout va. Allez y mes Louis ; tous à la tchatche, c’est le printemps. Mais surtout que rien ne bouge. Planquez vos tronches sous les banderoles et les posters du Che, pendant ce temps la mondialisation va vous attendre au bistrot. Pause-café. Tu ne changeras rien à la vie, à la tienne surtout.

Plus jamais ces réunions jusqu’à pas d’heure, coincé entre une armoire bretonne et les propos impénétrables d’un illuminé bouffeur d’oignon, général visionnaire qui lève l’internationale des faucheurs bio en me crachant dans l’oreille.

Je suis seul. La une des journaux cassetine sur le manque de concertation ; le haut trop loin du bas, ou le contraire je ne sais plus. La seule que je voudrais concerter à l’instant, c’est Eva, en dos majeure, Eva-ciné, cent mannequins contre un mot d’elle, ou seulement la rondeur jumelle de ses fesses contre mon ventre épuisé, un dessous de pied lisse qui caresse mes chevilles, mon nez dans ses cheveux. Ce soir, Eva l'incendiaire nonchalante parle d'égalité, et sa troupe hagarde avoue ses illusions : "au Lit Berthe et F'ra taire niquée ». Dans tes rêves gros, saute par la fenêtre avant qu’on te pousse, et disparaît. N’oublie pas tes mégots.

...

02.04.2006

HisToire d'uN inDivIdu donT le noM et le PrénoM éTaieNT dès le DéBut fAits pour s'eNTenDre.

A la suite des légitimes interrogations de certain(e)s sur le sérieux des producteurs de légumes irlandais et le crédit qui peut leur être accordé, voici donc pour juger sur pièces quelques lignes extraites du journal intime de Sally Mara. Cette jeune et vertueuse irlandaise y retranscrit dès les premières pages les détails d'une rencontre singulière, vécue le soir du 13 janvier 1934 dans l'obscurité du port de Dublin.

"Je commençais à traverser la petite passerelle, mais au milieu du trajet je dus m'immobiliser. Je croyais que le vent allait m'emporter et me foutre là-bas, dans le bassin, au beau milieu d'une flaque d'essence qui étalait ses irisations à la lumière de la lune. Je m'agrippais à la balustrade, et, de l'autre main, j'essayais machinalement de saisir un autre point d'appui. Je sentis alors soudain la présence d'un monsieur derrière moi. J'avais deviné que c'était un gentleman : pas une femme ni un matelot. Et j'entendis une voix douce et polie me glisser dans le tuyau de l'oreille ces paroles secourables :

- Tenez bon la rampe, mademoiselle.

En même temps on plaça effectivement dans ma main demeurée libre un objet qui avait à la fois la rigidité d'une barre d'acier et la douceur du velours. Je le saisis convulsivement et, tout en m'étonnant que cette rampe demeurât tiède malgré l'aquilon qui soufflait de façon encore hivernale, je pus grâce à son aide atteindre saine et sauve l'autre rive.... Nous étions demeuré silencieux : alors, bien que je susse qu'il ne faut pas adresser la parole à un monsieur auquel on n'a pas été présentée, je dis, avec toute la gentillesse dont je suis capable :

- Merci, monsieur.

Mais il ne répondit pas et s'en fût".

Après un apprentissage plein de bon sens des comportements masculins, Sally Mara achèvera quelques 200 pages plus loin le journal intime commencé un an plus tôt, par la retranscription de son embarquement pour la France, en compagnie de Barnabé, quincaillier fraîchement épousé :

"La passerelle était mal éclairée. Barnabé marchait devant. "Sally, tiens bon la rampe !". J'ai avancé la main dans l'obscurité mais je n'ai trouvé qu'un cordage humide et froid. Je compris que ma vie conjugale venait de commencer".

Si avec ça, vous n'avez pas l'envie de lire ce livre, pfff ...

 

 

28.03.2006

PlanTe culti V

Au début, tu penses que les choses seront simples, comme semer des fleurs. Le zinnia par exemple n’est pas farouche. Ne t’occupe pas de suivre la notice. Du terreau, les graines à la volée, de l’eau de temps à autre, beaucoup de soleil, et voila ton jardin en couleurs. Processus simple et rassurant.

Les filles se révèlent beaucoup moins conciliantes. Il n’existe aucune note d’utilisation satisfaisante, et le résultat reste très incertain malgré une attention constante. Parfois, il arrive même que le petit pois mange le moine.

20.02.2006

PAs de vAGues

BULLETIN 


Demain Mardi :

Peu de changement.


Le temps reste instable sur de nombreuses régions avec des pluies ou des averses et de la neige à basse altitude. Des frontières du Benelux à l'Ile-de-France, au Poitou et à la Bourgogne, des pluies et neiges mêlées se produisent localement le matin sous un ciel très nuageux à couvert. En cours de journée, ces précipitations se cantonnent aux régions situées au nord de la Seine. Près de la Manche, des averses de pluies se produisent. Elles sont accompagnées de neige localement, en particulier sur les Côtes-d'Armor et le Cotentin. Sur les côtes de la Manche jusqu'au littoral vendéen, le vent de nord-est souffle jusqu'à 70 /80 km/h en rafales. Du Sud-Est à la Corse, les quelques brouillards matinaux laissent la place à un ciel variable avec toutefois quelques averses sous la forme de neige vers 700 à 800 m sur le Massif-Central et les Alpes. Partout ailleurs, le temps reste très chargé avec des pluies faibles ou des averses locales. Au sud de la Garonne, les précipitations sont parfois orageuses. Elles ont tendance à devenir plus soutenues en fin de journée. De la neige se produit sur l'ouest des Pyrénées à partir de 1000 m et sur les Vosges à partir de 700 m. Côté températures, Météo-France prévoit des minimales entre -1 et -3 degrés dans les vallées des Alpes, du Massif-Central et du Jura, entre 0 et 3 degrés sur une large moitié nord et entre 3 et 6 degrés dans le Sud-Ouest et près de la Méditerranée. L'après-midi, il fait 3 à 6 degrés du Nord au Nord-Ouest, 5 à 9 degrés sur l'Est, 8 à 12 dans le Sud-Ouest, jusqu'à 13/14 degrés près de la Grande Bleue.

17.02.2006

HeuREux leS sImPLes d'ESprit

Je voudrais être minéral, monolithe émergeant d’un désert, galet au bord d’une rivière claire, traversé par la beauté qui passe. De celle qui m’aime, je veux les caresses du vent, l’excitation du soleil fondamental, et dans ses baisers la douceur d’une neige brûlante. Ne pas penser. Toutes ces choses me parlent plus que les livres. Alors pourquoi écrire ?

09.02.2006

Le baL des amNésiQues

"Nous autres, qui avons notre mémoire, nous savons qu'on est toujours obligé de choisir une direction dans les gares et qu'on ne va jamais plus loin que le prix de son billet..." (J.A)

02.01.2006

QuAnd j'ai FAIM Tout me nOurrit

Les animaux omnivores, dont l'homme fait partie, quand ils sont soumis à un régime alimentaire dépourvu d'un acide aminé indispensable au fonctionnement de l'organisme, sont capables de détecter cette carence et de développer une aversion alimentaire rejetant ce régime considéré comme nocif. Mes travaux ont permis d’identifier ce "détecteur" dans le cerveau de la souris, la protéine kinase GCN2.

A partir de ce premier résultat, je travaille à synthétiser la protéine qui permettra à l’homme de rationaliser le choix de ses nourritures affectives. Grâce à elle, il ne connaîtra plus les aubes désenchantées où les convenances dues à la belle inconnue qui dort encore doivent composer avec un taux hormonal revenu à l’étiage.

Bien sur, cette découverte sera primée au concours LéPine.

28.12.2005

PréaviS de rêVe

La production n'était ici déjà pas reluisante. Elle ne va pas s'améliorer, en raison notamment d'un prochain déménagement. Bonne année à tous.

10.12.2005

NUit de DésoRdre

J'ai vu la balle qui me tuera

Seule au milieu du temps arrêté,

Inconnue et charnelle, elle est un monde à vivre,

Et moi un condamné.

02.12.2005

RéponSe à Alice V.

Inventaire de mon jardin

Neuf cent pieds carrés
Clos de murs.
De hauts bambous
Et au dessus, le ciel.

 

Un désordre apprivoisé
Traversé d'oiseaux,
Séducteurs en parade
Aujourd'hui grappilleurs méticuleux.

 

Chatt les observe immobile
Cachée sous un camélia
Elle tisse de ses yeux
Les fils du temps qui passe.

 

Les deux tortues hermann
S’enterreront dans quelques jours.
Le petit mâle a de mon grand-père
La tête chauve et préhistorique.

 

Mais lui ne pense qu’au sexe.
En rut, sur les pattes arrières,
Il ouvre une bouche satanique
En tirant sa fine langue rose.

27.11.2005

MoTs d'hiVer

Il neige cet après-midi

Veux tu aller au cinéma

A l’aquarium, ou voir le cirque

Zavatta.

 

Tu préfères une île déserte ?

Viens lire au lit, viens avec moi

La haut dans ma chambre verte

Sous les toits.

 

Elle enlève en souriant

Manteau jupette et collants

Sur les draps mes mains, restez sages

Tournez les pages.

 

Un mot est tombé du livre

Il a disparu sous le drap

A son rire je devine

Qu’il vient vers toi.

 

Reviens ici, petit mot farceur

Ne compte pas que je te suive,

J’ai donné ma parole d’honneur,

Définitive.

 

Mais tous mes mots ont déserté

Les voilà qui se faufilent

Entre tes jolis seins dorés

Chercher asile.

 

Pour les cueillir mes lèvres dansent

Doucement sur ton ventre amusé

Il ne faudrait pas que tu penses

Que c'était prémédité.

23.11.2005

Culotte RouGe

Les rêves nous sucent le sang et s’envolent sans bruit à notre réveil. Ce matin un de ces vampires est resté accroché au bout de mes doigts, empêtré dans ses ailes grisâtres. Il était là tout vivant qui se débattait le long de ma main, un mauvais scénario où je n’avais pas le beau rôle ; si près de ma vie. J’ai secoué le bras pour tenter de le détacher; il s’est agrippé à ma figure. Depuis il reste là, douleur obscure et aveuglante d'un souvenir noyé mille fois reconstruit. Je l’entends lové autour de mon crâne respirant lentement qui m'aspire vers ses ténèbres.


Pour m'en débarasser un moyen serait efficace : lui tirer une balle dans la tête.

19.11.2005

MOn pieD dans Ta gueuLe

Ici, il n'y a pas de port mais un simple ponton arrimé à quelques encablures de la plage, où les piroguiers viennent chaque matin pêcher le requin. En riant, ils agitent dans l'eau leurs pieds dont la plante claire imite l'éclat argenté de sardinelles en difficulté. Le monstre monte, il faut le harponner.

Et retirer la jambe suffisamment vite. Le marin qui débarque chez nous pense au premier regard que les autochtones y sont congénitalement unijambistes.


14.11.2005

Un hommE d'acTIon

Louis cherchait l’amour sur les sites de rencontres. Le docteur Adexmann lui permit après trois ans de thérapie d’y découvrir l’existence d’une régression infantile. Aujourd'hui Louis passe des annonces à la recherche d’une baby-sitter.

10.11.2005

DéSert

Zati, rencontré à Tamanrasset, venu à la découverte du pays dont lui parlaient ses parents. Assis à son côté je lis pendant que nous traversons le Tanezrouf le livre qui l’accompagne au cours de cette quête, les voix ailées entrelacées de deux amants qui ne se rencontreront jamais. Par contraste à cet échange magnifique, Zati parle peu. Silencieux, nous sommes tout au long du voyage à chaque instant étourdis par la beauté méditative du désert. Finalement, ni la présence, ni la parole ne sont ensemble nécessaires à l’aboutissement d’une rencontre.